(du 6 au 12 juillet 2026)

C’était une semaine plutôt rythmée, entre sorties et redécouverte de Paris sensible à l’occasion du séjour de ma mère. La chaleur me tombe moins facilement dessus que la dernière fois ; je m’hydrate et me ventile en permanence, fournis moins d’efforts à la place des autres. Pourtant, la ville me voit quand même couverte de sueur et soupirant, puisque j’ai décidé de ne plus rien, ou presque, garder pour moi.

Ne plus jamais me faire toute petite est mon cadeau pour toutes les années à venir.

Visiter l’exposition Passion Japon au Parc de la Villette, traverser le carrousel du Louvre ou encore emprunter le bateau-mouche semblent enchanter ma mère et la petite qu’elle garde. Je m’attendais à des décors sommaires lors de l’exposition mais le parcours était plutôt bien fait et intéressant. On pouvait y circuler de manière assez fluide. De même, il ne faisait pas si chaud sur le bateau et passer sous les ponts de Paris était très rafraîchissant. Ces pauses à l’ombre m’ont fait penser à mon arrivée en banlieue parisienne, il y a plus de dix ans désormais… J’ai toujours trouvé la ville impressionnante et écrasante de chaleur, d’excitation et de projets. Ce sont des activités que je n’aurais probablement pas faites seule mais qui se révèlent agréables au bout du compte.

À leur départ, ma mère et la petite ressentent la mélancolie de Paris.

Le mardi, je pars me faire couper les cheveux dans un salon différent, à défaut d’avoir ma coiffeuse habituelle. C’est là où se rend Léa. L’endroit a une décoration vintage et des coiffeurs charmants. Celle qui s’occupe d’elle d’habitude me dit que j’ai de beaux cheveux, le sésame indispensable pour que je me sente bien et reconnue, puis réalise une frange rideaux en un tour de main.

Je me sens mieux. J’ai l’air plus… légère et plus queer ?!

Lorsque je lui montre mon fond d’écran afin de lui expliquer ma venue, mon fond d’écran animé avec Léa qui justement se recoiffe devant l’objectif et lève ses grands yeux vert d’eau, vert pierre précieuse, la coiffeuse s’exclame « Ohlala mais oui ! Elle est tellement belle ! » et je ne peux qu’acquiescer devant son bon jugement.

Partout où Léa se rend, la lumière se fait et les oiseaux se remettent à chanter. La musique continue. C’est aussi simple que cela.

Les vlogs continuent et m’apportent une grande joie. C’est déjà le vlog numéro vingt ! Réaliser de petites vidéos plus ou moins esthétiques, filmer le quotidien, faire une sélection de moments et parler-glousser en culotte dans le salon pour ne pas enregistrer Léa qui travaille son suédois dans la chambre au même moment me réjouissent. Ce nouveau rituel est relativement court et change mon rapport à Instagram sans que je m’en rende compte.

Cette pratique vient aussi confirmer le fait que j’attendais autre chose de cette plateforme et que j’y étais, jusqu’ici, insatisfaite. Il faut dire que je n’entends plus non plus les voix les plus critiques, qui voudraient que l’emploi des réseaux sociaux soit nécessairement futile et moins important que l’écriture. Ce sont simplement des choses différentes. L’écriture est un exercice dur et solitaire ; communiquer sur Instagram active une autre partie de mon cerveau. Et puis, contrairement à d’autres personnes plus privilégiées, la plateforme représente mon principal canal de diffusion.

Mon site internet aura un an le mois prochain !

J’accompagne Claude-Emmanuelle dans une mission de vide-dressing avec Raya Martigny, dans le 2ème arrondissement. C’est évidemment une vision de rêve au sein de laquelle je m’efforce d’être la moins encombrante possible. Ma concentration est telle que Claude m’attrape les bras et me demande si je vais bien. Les vêtements étalés sur la table sont des souvenirs de défilés et de périodes de vie. Les robes fleuries près du corps et échappées en même temps me rappellent les lives Instagram où elle se préparait avant de sortir. Avant d’apparaître et de disparaître pour nous. Je n’ai jamais vu autant de vêtements de haute couture dans une même pièce et c’est la première fois que je dois plier un corset Jean-Paul Gautier. Je pense au film Absolument fabuleux avec Josiane Balasko et Nathalie Baye, au clip de « Marcia Baila » des Rita Mitsouko…

Mais ce qui me touche profondément, cet après-midi-là, c’est le thé partagé, le sommeil ou la mise en veille que l’on s’autorise, entre esprits familiers, et le sentiment de présence au monde, même si je me comporte un peu comme un chat clignant des yeux pour exprimer mon affection.

Lorsque je peux aimer librement, écrire, faire mes acts of service, rire et faire rire, être stimulée et rechercher les stimulations en multipliant les quêtes secondaires, rester à l’appartement ou sortir quand je le désire, je suis parfaitement heureuse.

Je sais que les personnes dotées d’intelligence émotionnelle et d’éthique sont rares, en particulier et curieusement dans les milieux dits intellectuels, artistiques et culturels, alors je ne prends plus en charge les déchets que l’on me tend ou d’ailleurs que l’on ne me tend pas, que les autres se contentent de porter en guise de masque faussement subversif. La littérature est ailleurs, définitivement.

Je reste vigilante et réduis mon cercle, prêtant attention aux rayons chauds qui le traversent – mon éloignement face au pire dégage de nouvelles voies pleines de promesses, de conversations authentiques et de création.

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