(du 29 juin au 5 juillet 2026)
Je fais plusieurs rêves étranges à la suite, qui s’avèrent plus tard être des rêves de clôture. Leur contenu n’a aucun intérêt pour vous mais ce que je peux vous dire, c’est qu’un visage dans un rêve en cache souvent un autre et que « les rêves ne sont pas des signes ». Ils seraient plutôt quelque chose comme des visions à traverser et potentiellement à comprendre, pour mieux se comprendre ensuite.
Les personnes croisées dans ces rêves me poussent à questionner mes souvenirs, de rupture amoureuse et de conflit professionnel pour ne pas les nommer, et je réalise que j’ai été plus conciliante que je ne le pensais. Dans les deux situations, j’essaie d’apaiser les tensions et je dis également ce que j’ai sur le cœur, ce qui fait que mon corps et mon esprit restent saufs. Mais ces situations créent irrémédiablement des débris, que ma mémoire accueille et recrée la nuit.
Je suis contente d’atteindre ce moment d’apaisement.
Il y a beaucoup de choses que je fais ou précisément que je ne fais pas pour ne pas enterrer définitivement certaines personnes – même si le mal commis est incontestable et souvent insupportable, je n’envisage pas de société dans laquelle une personne serait condamnée et réduite à sa faute. Pourtant, les preuves abondent et la condamnation serait justifiée. Pourtant, je n’adresserai plus jamais la parole à ces personnes.
Je fais juste en sorte de ne plus évoluer dans le même espace-temps que ces individus.
En cela, je n’ai pas l’impression d’être radicale mais plutôt d’adresser les problèmes, là où il semblerait qu’il existe un classement de ce qui mérite d’être considéré, ou non, en fonction de ce qui est assez sérieux et en dehors du respect que l’on doit habituellement porter aux autres êtres humains.
Ainsi, continuer à relationner avec les personnes qui ont blessé une personne que l’on aime pour éviter les conflits et ne pas prendre position – ce qui est certes fatigant mais inéluctable – me parait être une position tiède et mortifère qui n’amènera à rien d’autre qu’à la mort de notre relation et à beaucoup de souffrances.
C’est de cette façon que fonctionne principalement notre société et ce n’est définitivement pas celle qui nous permettra de faire société. Les faits, là aussi, sont nombreux et devraient nous mettre la puce à l’oreille.
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Ma mère vient à Paris pour une dizaine de jours avec l’enfant qu’elle garde. Nous profitons du soleil, de mon temps libre enfin, des rues de Paris 13ème que nous connaissons bien et qu’il faut faire découvrir à l’enfant. Je déteste écrire de cette façon, on dirait une influenceuse parisienne qui se donne un genre, mais c’est pour éviter d’écrire son prénom en ligne.
D’ailleurs, parlant de ce qu’il faut écrire ou non, j’ai pris une décision importante concernant mon manuscrit, que j’aurais dû prendre bien plus tôt : me concentrer sur mon propos plutôt que sur mes points noirs. L’écriture, ma vision de la littérature fait que je suis convaincue qu’explorer mes profondeurs, qu’écrire mon intime est inévitable et désirable, sans quoi mon texte deviendrait un exposé, une réflexion métaphysique sans sensualité voire un mode d’emploi. Cependant, je ne dois pas confondre le geste d’interroger mon identité et mon histoire avec celui de rouvrir des conflits déjà traités ou des plaies fraîchement cicatrisées. Le récit intime ne peut pas lancer les hostilités, ni remettre de l’huile sur le feu. En revanche, il peut donner un sens, un chemin, une forme sensible à ce qui a été et à ce qui dort encore.
Je dois rassembler mes images et les laisser parler. Pour les autres, je dois les laisser dans le silence auquel elles appartiennent.
Et, puisqu’on en parle, j’ai drôlement bien avancé sur le manuscrit ! Il prend forme. C’est sa musculature qui m’obsède, sa charpente sortant de l’eau croupie, même si tout le monde me dit que ce n’est pas si important. Ça l’est pour moi.
À présent, je suis plus calme. Je vois mieux l’ensemble du livre, ce livre à venir. Quelle douceur que celle qui sort du trouble !
Enfin, le travail est loin d’être terminé. Je reste concentrée sur ce que j’ai à faire, et les vlogs récréatifs comme les combats sur Street Fighter menés en parallèle m’aident beaucoup. Ils m’aident à respirer, à souffler toutes mes fureurs et à libérer mes désirs d’expression et de liberté. Ce sont des pratiques quotidiennes dont j’ignorais avoir besoin mais que mon tempérament exige. Je ferai toujours plusieurs choses en même temps, en tout cas dans la même vie et je serai plus heureuse ainsi.
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