(du 24 au 30 août 2026)

Cette semaine a été difficile, entre casque migraineux qui ne me lâche pas et inquiétants vagues à l’âme au fil des journées. Au moins, le ciel agissait en parfait miroir, avec ses nuages épais sur les tours d’immeubles et ses averses soudaines. J’ai reporté mes tâches et mes rendez-vous, et j’ai fini par ne plus avoir cette impression d’avoir raté une note dans la grande partition sociale. Je me reposais. J’attendais que le ciel craque, que l’orage parle à ma place.

Une pensée tournait en arrière-plan dans ma tête, celle de ne pas être suffisamment prise au sérieux, écoutée simplement. Avec le recul, je réalise que la différence d’écoute n’est pas de mon fait et que chacun voyant midi à sa porte, je verrai ailleurs si j’y suis. Mon incapacité à oublier certaines choses, à les mettre sous le tapis pour conserver les apparences, alimenter un réseau ou me faire des contacts me vaut une défiance sociale sans précédent. J’ai déjà vécu ce genre de situations. Cette fois-ci, le temps que les autres réalisent l’ampleur de la supercherie, je serai ailleurs, dans mon propre système. C’est juste une question de temps. Je me demande si ça n’a pas déjà commencé il y a des années de cela, d’ailleurs, voire si ça n’a pas toujours été le cas.

Toutes ces réflexions vont de pair avec l’urgence de préférer la communauté proche à l’entre-soi aux gestes agités et aux mains vides. Comme l’écrivent justement Claude-Emmanuelle et d’autres auteurs de manière plus détournée, la politique ne suffira pas à nous protéger. Il faudra s’en servir mais ne pas compter seulement là-dessus.



J’ai repris plus sérieusement la musculation, puisqu’il me faut – c’est une injonction toute personnelle – un moyen de me mettre en mouvement et de réduire mon anxiété qui ne soit pas médicamenteux ni trop agressif. La perte de poids devient secondaire sous cet angle, ou plutôt il semblerait que ces poids ajoutés modifieront mon apparence, si je m’y tiens…

De toute manière, la psychanalyse ne suffit plus et l’écriture ne m’a jamais calmée. Je commence à différencier ce qui me lave de ce qui me rend vivante. Enfin, ces catégories importent peu et seul le résultat compte : je veux fuir tout ce qui m’éteint.


À la fin de la semaine, je peux enfin souffler. Nous dînons chez un couple d’amies et passons à nouveau une belle soirée. Tout ce qui ressort de nos conversations nous concerne profondément ; c’est vraiment ce que je recherche à l’avenir comme terrain pour mes relations. Il y est question de santé, de travail, d’amour, de l’été passé et de la prochaine réunion…

Puis nous passons un week-end à tournoyer gentiment autour de nos lieux fétiches, à partager de bons repas et à être ensemble. Paris est curieusement réconfortante avec sa grisaille retrouvée, et je sais Léa heureuse.

Il y a un parfum de rentrée dans l’air et j’ai le sentiment de pouvoir faire les choses autrement, cette année. D’ailleurs, le mois d’août s’achève ou plutôt le mois de septembre commence avec un concert de Kaya et une séance de cinéma réservée de longue date – l’idée que le travail restera le travail, que je m’épargnerai certains soucis.

Me mettre en mouvement, donc, pour mieux me reposer.

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