(du 17 au 23 août 2026)
Les semaines passent à une vitesse folle. Léa me dit que c’est parce que j’ai un compte à rebours dans la tête. C’est vrai que la rentrée me préoccupe, mais ça fait trente ans que ça dure. J’essaie de ne pas me mettre la pression par rapport à tout ce que j’aimerais réaliser et ce que je fais effectivement.
Ce mois-ci, je suis heureuse d’avoir fait en sorte de me reposer le plus possible, d’avoir joué à me battre sur la console – le mot mériterait qu’on s’y attarde – et de me souvenir d’en faire de même IRL, d’avoir tenté quelques plats vietnamiens, moi qui redoute le moment de passer derrière les fourneaux, et tous ces moments précieux à pouvoir partager un café avec Léa qui a repris le travail ou à mener cette vie douce dans notre appartement. Si j’insiste sur ce terme, c’est parce que ça n’a pas toujours été le cas dans mes vies passées, et qu’il faut probablement en passer par là pour saisir la nuance. Une vie douce est une vie dans laquelle personne ne craint d’être moqué, insulté, ignoré ou maltraité en général. Cette pensée m’a frappée avec brutalité hier soir, et je n’ai pas su la traduire.
J’imagine que cette année marquée par ce que je qualifierais de tri voire d’exclusion sociale – voir les anciennes entrées du journal – m’a amené à penser différemment mes forces. Je sais ce que je pense, et ce que je pense bien. Ce que ces personnes traversent désormais n’est plus mon problème. Je m’éloigne après avoir prévenu plusieurs fois et rejoins ce qui me fera sourire et vibrer ; je marche vers mon avenir, vers tous ces endroits d’où je ressors hydratée et comprise. Acceptée comme je suis. Car moi aussi, je mérite d’être écoutée, soutenue et comprise.
Tous mes rendez-vous programmés la semaine prochaine ne parlent que de ça, d’être choisie et d’alimenter les bons canaux de conversations, de connaissance et de respect. Je voulais écrire « amour » mais je ne sais plus comment exprimer ce que les personnes stupides, les personnes violentes et les fanatiques brandissent pour s’imposer.
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Préparer une phở au poulet me rend fébrile ; elle n’a évidemment pas le même goût que celle du 13ème ou du Vietnam mais enfin, les ingrédients sont là, en partie, et sentir l’odeur du bouillon s’élever dans la pièce me gonfle le cœur. Je recommencerai, avec tous les ingrédients.
Je pense beaucoup à mes tantes à ce moment-là, qui cuisinent divinement bien, comme mon père d’ailleurs… Si j’ai hérité de son visage, je n’ai pas hérité de ce talent naturel, contrairement à ma sœur. C’est quelque chose sur lequel je peux travailler. Je dois juste m’y mettre, lier les mains du Gémeaux et laisser parler la lune en Vierge, faire les choses avec application. Le 21 août étant passé, cette décision est tout à fait réalisable sur un plan astrologique, peut-être ?
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Chaque journée passée à m’apprêter, à me sentir bien dans ma peau et à sortir faire l’idiote dehors est une victoire éclatante. Chaque journée passée à faire semblant de l’être en attendant que mon cerveau le comprenne en est une également.
Ce qui compte, c’est d’hydrater mes pensées.
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Nous passons le vendredi à Saint-Germain-en-Laye. Il fait un peu gris, entre ciel bleu, pluie d’été et orage au loin. J’adore ces journées passées à découvrir un endroit. D’une ville à l’autre, l’atmosphère change. Je remarque que les gens riches peinent décidément à dire bonjour, ou à considérer l’autre comme digne d’intérêt en général, mais nous entrons dans un petit café où l’équipe se montre sympathique. Avec Léa qui est un enchantement permanent, la barre reste très haute.
Le musée d’archéologie est fermé, alors nous visitons la cour intérieure du château, la salle des maquettes et la chapelle qui semble abandonnée. Une plaquette évoque la tendance des gens durant l’âge de Bronze à enterrer des objets pour les séparer du monde profane et ainsi les protéger. Je me demande quels objets j’aimerais enterrer. Ce que j’ai de plus précieux est vivant ou s’écrit sur internet.
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Demain, j’achèterai un journal, un vrai, pour pouvoir écrire ma vie quotidiennement et enrichir mes archives physiques. J’ai déjà essayé plusieurs fois de le faire sur papier, sans succès. La flexibilité de l’écriture en ligne la rend plus facile. Mais j’ai besoin de sentir mes écrits autour de moi. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que cette fois-ci sera la bonne.
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