(du 7 au 13 septembre 2026)

La suite des événements, c’est principalement mon allergie au pollen décuplée par la consommation de gélules végétales qui ont aggravé tous mes symptômes : mes yeux étaient injectés de sang et secs, mon nez pris et mes leçons entrecoupées d’éternuements hyperboliques. J’ai dit en riant que la pharmacienne étant d’origine chinoise, elle avait dû penser que l’une de nous deux dans notre ville devait disparaître. Je reviens au Zyrtec et retrouve rapidement ma paix mais ce contretemps m’agace.

Je poste un réel stupide sur Instagram qui fait référence au personnage toxique mais séduisant de Bette Porter dans la série The L Word et qui a reçu plus de 38 000 vues à l’heure qu’il est, ainsi qu’une quantité impressionnante de commentaires de personnes queer adeptes de la série. Je suis moins performante quand il s’agit de diffuser mes textes plus largement en ligne… Il faut dire que faire le clown m’est plus facile et désirable que de singer des rapports faux avec les autres, d’entretenir un réseau. Au moins, le clown (triste) fait partie de mon identité.

Le cinéclub de Pop&Psy a choisi de diffuser le film Mommy de Xavier Dolan pour son cycle sur l’adolescence. J’y emmène Léa et, même si la lourdeur de ce début de semaine se fait sentir et que nos paupières sont lourdes, le film est un enchantement. Il est, comme ses autres films d’ailleurs, un espace pour montrer ce qu’être humain veut dire. Ce n’est pas si courant. Évidemment, je suis sous le charme de ses actrices Anne Dorval et Suzanne Clément, qui jouent de manière vibrante et me font inlassablement pleurer.

J’ignore si « les sceptiques seront confondus » mais je dois reconnaître avec la dame du centre que l’amour ne suffit pas, qu’il y a un tas de choses à faire autour de l’amour. À commencer par le soin et la liberté que l’on s’accorde.

La musculation, ou son pouvoir magique sur mon cerveau, commence déjà à produire ses effets : le pollen ne me met pas complètement à terre et je peux porter le paquet de croquettes sans avoir mal aux bras ! De manière générale, je me sens plus en forme et même plus libre… J’essaie de ne pas penser au temps perdu à détester le sport qui a tout fait pour, par son système de compétition, de sélection et de violences diverses.

Un jour sur deux, je m’installe devant YouTube et soulève les haltères au rythme des instructions de la coach. Je ne sais pas si mon corps va beaucoup changer mais je sais que mon esprit est déjà modifié par cette pratique. Pour combien de temps ? Si je regarde ses bienfaits sur ma santé mentale, j’espère le plus longtemps possible.

Malheureusement, un dîner de famille un peu trop intense me coûte mes dernières barres d’énergie et mes nouveaux biceps rutilants n’y peuvent rien : je sens la fatigue m’envahir et la fin de la semaine est difficile. Les quatrièmes mettent mes nerfs à rude épreuve et je dois rester vaillante. Je tiens le coup avec du rouge à lèvres et ma foi mais je m’écroule une fois rentrée à la maison.

Ces coups de fatigue marquent aussi la transition vers la vie au collège, qui s’annonce trépidante et pleine de défis. J’ai du pain sur la planche ; je dois donc me reposer et m’hydrater davantage.

Nous sommes allées boire des verres et dîner avec des copines et la soirée était très agréable, entre rires et conversations profondes – mais « qui se ressemble, s’assemble » et Léa sait bien choisir ses amies. C’est une folie de vendredi soir… L’alcool rend le fond de l’air chaud et les visages flous. Je réalise que je mange peu français, me nourrissant exclusivement de plats vietnamiens, japonais, chinois ou italiens… alors cette soirée est encore une sortie. Une fugue de luxe.

Traverser la place de la République nous replonge deux ans et demi en arrière, quand nous sommes allées prendre un verre pour la première fois, après un court rendez-vous à son travail. Il neigeait et tout était absolument parfait ou imparfait, d’ailleurs… Je me souviens de ma main fourrée dans sa poche en prétextant le froid, et de Léa si grande, toujours plus grande que moi.

Cette semaine en montagnes russes s’achève donc par ce dîner joyeux et un samedi où je suis si fatiguée que je craque en haut des escalators de la ligne 14 auprès de Léa qui sait me récupérer, comme toujours, et nous allons profiter des derniers rayons de l’été au parc de Choisy. Je manque Trâm Anh de peu.

Les arbres semblent se préparer à l’arrivée de l’automne. Les passants portent encore des tenues légères qui font croire à l’été, mais la rentrée est passée par là. Le café vietnamien me redonne l’énergie dont j’avais besoin. Les enfants gambadent et les Parisiens lisent, bavardent ou pianotent sur leur téléphone.

Je tape ces lignes avec mes dernières forces de la semaine.

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