(du 26 octobre au 1er novembre 2026)
La semaine commence terriblement ; je me réveille en larmes le lundi matin en pensant à l’étendue de ma solitude, à la violence que représentent les jeux de pouvoir, le cynisme et l’indifférence des autres. Décidément je serai toujours à côté, toujours en dehors du groupe. Et les vérités hallucinantes que je sais et vois, sans pouvoir m’en débarrasser tout à fait ! La position d’observatrice ne m’a pas toujours gênée, mais aujourd’hui, je peux en voir les coutures inégales. Son injustice latente. L’écrire sur internet ne me soulage pas. Je ne sais même plus comment le formuler. Je sais juste que ce sentiment passera. Léa peine à me consoler et je m’en veux de craquer avant son départ pour le travail. Elle n’y est strictement pour rien. Je me traînerai ce sentiment nauséabond toute la journée.
Je sais que je dois prendre des décisions importantes pour protéger ma santé mentale. Me couper définitivement de ce qui me blesse, me concentrer sur les liens à chérir. Me concentrer sur ma famille et moi. En fin de compte, je dois suivre mon instinct et ne plus me laisser abuser par des mirages, des échanges inconsistants.
Je passe le reste de la semaine à tousser : quelque chose me reste en travers de la gorge.
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Une story de Reikan sur Instagram me pousse à vérifier le partage de mes données en ligne et la configuration de mon site en détails. Je reprends la totalité de mon journal pour justifier les paragraphes qui apparaissaient complètement déstructurés à l’écran. WordPress n’est vraiment pas une surface intuitive. C’est une activité qui me prend du temps et me tend un peu mais le résultat est satisfaisant. J’aimerais reprendre les premiers articles et leur donner un titre mais j’ignore si cette démarche sera possible ou même souhaitable.
J’ai envie d’écrire davantage dans le journal, même si son rythme de publication est déjà dense. Peut-être me permettre des ajouts ponctuels. Après tout, c’est mon endroit !
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Une journée ensemble, avec Léa, à filer dans la lumière d’octobre… Nous dévalisons un pop-up consacré à des objets kawaii avant d’aller nous réfugier dans un restaurant thaïlandais. Ce déjeuner me rappelle un film LGBT thaïlandais, Yes or No, que je regardais en boucle, adolescente. La douceur qui se dégageait de ce film, tendre et vraiment inédit pour moi… Il avait une fin heureuse, ce qui est rarement le cas pour les récits lesbiens. Il m’a aidée à me projeter à une période où il était difficile de le faire. Rêvasser à partir de scènes pourtant très ordinaires, presque domestiques.
Autour des petites tables du restaurant, des produits alimentaires et cosmétiques s’entassent et attirent notre curiosité. Léa saisit un produit de coloration pour cheveux qui me rappelle la gamme Color Pulse de L’Oréal, très populaire au début des années 2000. Je voulais passionnément devenir rousse à cette époque mais je n’ai jamais franchi le pas. Je voulais beaucoup de choses que je n’ai réalisées que bien plus tard.
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La baignoire est remplie de traînées rosâtres. J’aide Léa à appliquer la coloration sur ses cheveux. Il faut porter des gants puis frotter vigoureusement le crâne pour rincer le produit. Je finis par les retirer pour mieux sentir la couleur sous mes doigts. La pâte rose fluorescente s’est changée en rouge feuille d’automne un peu mystique.
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Je fais de plus en plus de musculation et me remets même un peu aux nunchakus. Ces mouvements m’aident à m’ancrer dans la réalité, pas encore à perdre du poids. Ça tombe bien, j’aime assez l’idée de gagner en épaisseur. De prendre de la place.
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