(du 3 au 9 août 2026)

De toute évidence, le mois d’août marque un changement pour beaucoup d’entre nous. Je le vois aux discours qui évoluent autour de moi comme au léger ghosting que l’on m’impose et que je finis par pratiquer également. Je le vois à nos façons de disparaître ou, au contraire, d’apparaître avec plus d’éclat qu’auparavant.

Je me mets aux vidéos en face cam sur Instagram, c’est-à-dire que je choisis un sujet qui m’intéresse et me filme en train d’en parler avec mon téléphone. C’est un exercice que je trouve encore impressionnant, puisqu’il consiste à regarder l’objectif et à parler à voix haute comme si on avait quelque chose d’essentiel à apporter au débat, mais que je tenais à réaliser pour apprendre et pour me montrer davantage. Pour penser publiquement. J’adore faire des liens entre les choses ; je fonctionne par association d’idées et d’images en règle générale. Les vlogs quotidiens – déjà 38/100 ! – et le journal ne m’apportaient plus suffisamment de défis concernant ma relation à l’image et aux mots.  C’est donc chose faite. La machine est lancée.

Je suis tombée sur un réel qui encourageait la génération sous la mienne à poster plus de choses ordinaires : leur café du matin, une ruelle au soleil ou n’importe quoi de cool à leurs yeux, pour casser la rigidité de leur pratique des réseaux sociaux. Pour les utiliser réellement. Parfois, je me dis que c’est simplement ici que se situe le problème, dans le manque de plaisir sur internet.

Alors, je suppose que je vais continuer à m’amuser avec les différents formats possibles, ce qui est d’ailleurs la meilleure façon que j’ai trouvée pour éviter la tristesse et la frustration sur ces espaces doubles, entre divertissement et auto-sabotage.

Léa songeuse au travail juste avant sa pause déjeuner, Léa penchée sur sa grand-mère pour lui parler, Léa qui ressemble à un tableau ou à un ange descendu sur terre.

Nous passons des journées délicieuses à glousser et à dîner dehors, à faire comme les autres même en étant constamment scrutées telles les beautés queers que nous sommes. Nous allons à Asnières-sur-Seine, nous allons chez les plus riches et nous profitons de la vie. Le lendemain, nous ferons autrement. Le Taureau et le Gémeaux s’entendent pour divaguer joyeusement et se prélasser dans l’abondance. Ils s’entendent aussi pour cogiter ensuite sur les conséquences de leurs actes.

Je crois que ce que certaines personnes qualifient d’« exigence » ou de « radicalité » après avoir lu mon journal correspond en réalité à ma demande de considération et de respect.

Je n’ai jamais eu l’impression d’exagérer en préférant ne pas être insultée, déconsidérée ou négligée gratuitement, mais je dois probablement vivre dans une dimension parallèle, là où les dystopies sont inutiles tant la réalité est déjà brutale.

Pour le dire autrement : je n’ai pas envie de prendre de risques inutiles ni d’avoir un entourage indifférent ou maltraitant. Ce n’est pas une demande excessive, il me semble, mais peut-être que ça l’est pour d’autres. Est-ce que vivre au sein d’un environnement sécurisé et agréable les ennuie ? Est-ce que fréquenter des gens qui les aiment et le leur montrent est devenu « TROP GÊNAAAAAANT » ?

Nous terminons l’anime Great Teacher Onizuka et je me sens un peu mélancolique, ce qui est assez risible étant donné le contenu rocambolesque de cette série mais je peux tout à fait l’expliquer par son aspect définitivement insolent et savamment chaotique, ses dialogues absurdes et ses personnages doux-amers.

Je commande un t-shirt représentant Fuyutsuki et Kadena, autrement dit la professeure la plus douce qui se fait chahuter et l’infirmière scolaire qui démarre tout le monde et finit d’ailleurs par disparaître au volant de son bolide.

C’est un caprice nécessaire, un besoin de type lait concentré, surtout depuis que les objets ont commencé à me protéger : médicaments, lunettes, console, tenues particulières, baskets noires, journal intime bien que dématérialisé, figurines ou encore livres aimés…

Je le porterai comme une armure bimboïfiée dans cette société au goût de fer, au goût de sang !

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